
La Porsche 924 fête ses 50 ans cette année, et elle les fête encore à moitié boudée. Lancée en 1976 pour succéder à la 914 et séduire un public que la 911 n’atteignait pas, elle a longtemps été la Porsche qu’on n’osait pas appeler « vraie » Porsche — moteur à l’avant, transmission à l’arrière, conçue au départ avec Audi et VW. Cinquante ans plus tard, le regard des collectionneurs a changé. Voici pourquoi, et quelles Porsche de cette même famille on peut aujourd’hui accrocher chez vous.
1976 : une Porsche qui n’en avait pas l’air
À sa sortie, la 924 déroute. Son architecture à moteur avant et transmission arrière (le fameux « transaxle ») rompt avec la formule du flat-six arrière qui fait l’identité de la marque depuis 1963. Le projet est né chez Volkswagen, pensé un temps comme un coupé sportif pour la marque de Wolfsburg avant d’atterrir chez Porsche, qui en fait sa nouvelle porte d’entrée de gamme. Le résultat : une voiture légère, équilibrée, accessible — et pendant longtemps, mal-aimée par des puristes qui lui reprochaient de ne pas sonner comme une 911.
La famille transaxle : 924, 944, 928
La 924 n’était que le premier chapitre. Porsche a prolongé la formule avec la 944, plus musclée et plus aboutie mécaniquement, puis avec la 928, positionnée en grand tourisme haut de gamme avec son V8 avant. Les trois partagent cette architecture que les puristes ont mis des décennies à accepter — et que les collectionneurs d’aujourd’hui recherchent activement, précisément parce qu’elle offre une autre façon de vivre une Porsche : plus équilibrée à l’avant, plus facile à dompter à la limite.
Pourquoi elle devient collector maintenant
Le même phénomène qui a fait grimper la cote de la 911 Carrera RS 2.7 ou du Turbo 930 touche aujourd’hui la 924 et ses sœurs : la génération qui les a connues neuves a aujourd’hui les moyens de se les offrir, et le marché classique s’est mis à valoriser l’authenticité de conception plutôt que la seule mécanique du flat-six. Un modèle longtemps décoté devient mécaniquement intéressant, esthétiquement d’époque (ces lignes en coin si typiques des années 70-80), et surtout rare en bon état — beaucoup de 924 d’entrée de gamme ayant été usées sans ménagement avant que leur valeur ne remonte.
Les tirages de la lignée transaxle dans notre catalogue
Nous n’avons pas encore de tirage de la 924 elle-même dans notre catalogue — c’est une voiture que nous cherchons activement à photographier. Mais la lignée transaxle est déjà représentée par deux pièces : une photographie de la 944, prise dans une ville fantôme qui accentue le côté solitaire et anguleux de la carrosserie, et un portrait en noir et blanc d’une 928 de 1978, l’aînée au tempérament grand tourisme de la famille. Les deux racontent la même histoire que la 924 : une Porsche différente, à l’avant du moteur, qui a fini par convaincre.
Comment la reconnaître d’un coup d’œil
La silhouette en coin, le capot long et bas, les optiques escamotables popularisées par cette génération, et une face avant presque entièrement dégagée de toute calandre massive — la 924 et ses sœurs 944/928 se reconnaissent immédiatement à cette rupture avec le nez arrondi de la 911. C’est précisément cette identité visuelle distincte qui en fait aujourd’hui un sujet à part entière en photographie automobile, plutôt qu’une simple variation sur le thème 911.
Un anniversaire qui tombe au bon moment
1976-2026 : cinquante ans tout rond, et le calendrier automobile de cet automne s’y prête bien. Entre le Mondial de l’Auto à Paris et les plateaux d’Époqu’Auto à Lyon, où les générations transaxle commencent tout juste à être montrées aux côtés des 911 historiques plutôt qu’à l’écart, la 924 profite d’un regain d’intérêt général pour tout ce qui a longtemps été snobé par les puristes. Les clubs Porsche eux-mêmes documentent de plus en plus cette période charnière des années 1976-1995, où la marque a dû prouver qu’elle pouvait exister au-delà du flat-six arrière. Cinquante ans plus tard, cette diversification ressemble moins à une erreur de parcours qu’à une preuve de résilience.
Foire aux questions
La Porsche 924 est-elle vraiment devenue une voiture de collection ?
Oui, sa cote progresse depuis plusieurs années, en particulier pour les versions bien conservées ou les éditions spéciales comme la 924 Carrera GT. Elle reste toutefois nettement plus accessible qu’une 911 classique.
Pourquoi la 924 a-t-elle été mal considérée pendant si longtemps ?
Son architecture moteur avant/transmission arrière rompait avec la tradition du flat-six arrière de la 911, et ses origines partiellement liées à Volkswagen ont longtemps fait douter certains puristes de sa légitimité « Porsche ».
Quelle différence entre la 924, la 944 et la 928 ?
Les trois partagent l’architecture transaxle, mais la 944 en est une version affinée et plus performante, tandis que la 928 est un grand tourisme plus cossu, équipé d’un V8, positionné au-dessus de la 911 dans la gamme de l’époque.
Proposerez-vous un tirage de la 924 elle-même ?
C’est un modèle que nous cherchons à photographier. En attendant, les tirages 944 et 928 de notre catalogue racontent la même histoire de cette lignée transaxle longtemps sous-estimée.
À lire aussi
- Porsche 911 Carrera RS 2.7 : La Queue de Canard qui a Lancé une Légende
- Photographie Porsche 930 Turbo : la Widowmaker Originale en Fine Art
Découvrez les tirages de la lignée transaxle : Photographie Porsche 944 Ville Fantôme et Porsche 928 1978, édition limitée, ou parcourez l’ensemble de la collection de tableaux automobile.
